Communiqué de presse, Etienne Chatiliez, Le marketing émascule tout

19 avril, 2008

Communiqués

Communiqué de presse, Etienne Chatiliez, Le marketing émascule tout .

Buzz, publicités, Etienne Chatiliez, Le marketing émascule tout

En plein montage d’Agathe Cléry, son sixième film en vingt ans mais sa première comédie musicale (en salle début décembre), l’ancien fils de pub devenu poids lourd du cinéma (La vie est un long fleuve tranquille, Le bonheur est dans pré, Tanguy…) évoque ces deux métiers qui lui ont permis d’assouvir une même passion : « raconter des histoires ».

Celle d’Agathe Cléry a pour héroïne Valérie Lemercier, dans le rôle d’une « jeune femme blanche et raciste qui devient noir ».

A priori, il y a de quoi s’attendre au pire, mais avec Chatiliez, tout est possible, même le meilleur.

Lucide, il est toutefois le premier à reconnaître que « la crise actuelle ne produit pas de créativité » et regrette que la société devienne toujours plus commerçante.

La cinquantaine juvénile, cet éternel créatif espère juste « passer encore un moment entre les mailles du filet ».

Pendant longtemps, la publicité était une sorte de laboratoire pour le cinéma. Est-ce toujours le cas aujourd’hui ?

Je n’en ai pas l’impression.

A l’inverse des précédentes, la crise actuelle ne produit pas de créativité mais une frilosité générale.

Par peur de rater le coche, on ne tente plus rien et au final tout est désespérément consensuel.

La faute à qui ?

Les gens de HEC biberonnés au marketing version Procter et Gamble émasculent tout : à force d’essayer de plaire à tout le monde, on ne plaît plus à grand monde.

La pub est devenue de l’eau tiède.

Alors qu’on ne sait pas ce qui fait vendre et qu’on n’osera jamais assez, tout ce qui n’a pas été prouvé comme efficace est systématiquement refusé.

Que pensez-vous des pubs réalisées par des gens du cinéma ?

Ca a toujours existé, pour anoblir le genre.

Mais la bonne publicité est d’abord faite par les publicitaires, elle repose sur une bonne idée.

Après, que ce soit un réalisateur de cinéma ou un autre qui la mette en images, ce n’est pas l’essentiel.

Est-ce pour cela que vous avez osé passer derrière la caméra ?

Exactement.

Je n’étais certainement pas le meilleur techniquement, mais j’étais celui qui connaissait le mieux la pub.

Je savais de quoi on parlait.

Depuis l’époque où vous faisiez de la pub, les temps ont changé. Internet capte désormais plus de la moitié des dépenses publicitaires. Qu’en pensez-vous ?

Alors là vous tombez mal, c’est un monde qui m’est un inconnu.

Mais ce qui me gêne avec Internet, c’est que même si le film est largement visionné, il n’y a pas cette idée de rassemblement comme au cinéma et surtout à la télévision.

J’ai la même réserve à l’égard du DVD, tout ça est très solitaire.

Je suis sûrement un peu vieux jeu, je n’ai même pas d’ordinateur.

Vraiment ?

Et oui. A ce propos, j’ai d’ailleurs lu récemment dans un journal américain que de plus en plus de grandes firmes imposent un jour par mois à leurs salariés de ne pas utiliser leur ordinateur.

Et bien figurez-vous qu’elles ont observé une augmentation de leur rentabilité de 17%. D’habitude chacun se branle sur son ordinateur et quand tout le monde se branle ensemble, ça crée plus de richesse, je trouve cela intéressant…

Après avoir été « pubophiles » dans les années 80-90, les Français semblent aujourd’hui davantage « pubophobes ». Qu’est-ce que ça vous inspire ?

Quand j’ai commencé dans la pub après 68, ça n’était déjà pas bien vu.

Cette activité était perçue comme la représentation la plus évidente du monde capitaliste.

Travailler dans la pub, c’était faire partie de l’horreur.

Puis peu à peu, les mentalités ont évolué : des journaux tels que Télérama ou Libé ont commencé à parler de pub et moi, je correspondais assez bien à ce qu’ils voulaient décrire.

Ca m’a conféré une petite popularité.

Ajouté au succès rencontré par beaucoup des campagnes que vous avez signées (Eram, Citroën, Lustucru et bien d’autres), cela vous a permis de passer sur grand écran…

Quand je faisais de la pub, ma seule ambition était de pouvoir raconter des histoires plus longues, pas de monter ma propre agence ni d’essayer d’avoir plus de pouvoir ou de fric.

Votre premier film, La vie est un long fleuve tranquille, est sorti il y a vingt ans.

Tati Danielle, Le Bonheur est dans le pré ou Tanguy ont notamment suivi…

Six films en vingt ans… Sainte Thérèse qu’est-ce que je suis lent ! En même temps quand j’y pense, je ne me suis pas trop emmerdé.

De quoi parlera le prochain ?

D’Agathe Cléry, une blanche raciste qui devient noire, interprétée par Valérie Lemercier.

Il s’agit d’une comédie, car en définitive c’est bien à dénoncer que doit servir le rire.

Et j’ai choisi d’en faire une comédie musicale pour apporter de la légèreté au fond.

En gros, avec l’humour et la musique, j’essaye sans être démago de faire accepter l’idée qu’on est tous un peu racistes.

Que voulez-vous dire ?

Quand on lance : « cette grosse conne » ou « ce petit con », on est déjà dans une mécanique raciste.

Chacun a son mouton noir, qu’il pointe du doigt, stigmatise, diabolise et rejette.

Ensuite, il suffit qu’un groupe se mette d’accord et l’escalade vient très vite.

Vous qui êtes né à Roubaix, avez-vous vu les Ch’tits ?

Pas encore, parce que je suis dans le montage jusqu’au cou, mais je vais bien sûr y aller.

Du coup, je ne vous demande pas si vous trouvez qu’il s’agit d’une sorte d’Amélie Poulain délocalisée dans le Nord ?

Je vais vous dire : je me réjouis de ce succès français, mais je trouve que d’une manière générale, on parle trop du cinéma avec des chiffres.

Le succès prime hélas de plus en plus sur la qualité, les deux n’étant pas incompatibles.

Le box office ne doit pas primer sur tout, et en tout cas pas sur le contenu des films.

Avec le succès qu’on sait, le dernier Astérix a d’abord misé sur un casting en or et un budget en plomb, avant de s’appuyer sur un scénario et une réalisation en béton…

Et pourtant, ce qui compte c’est le produit, encore le produit et toujours le produit.

L’oublier c’est se planter, surtout avec un tel budget.

La promo n’a pas été bonne, mais pas plus mauvaise que le film lui-même.

N’est-ce pas l’archétype d’un film commercial avant d’être créatif ?

Sûrement, si vous le dîtes.

Mais en même temps, on vit aujourd’hui dans une société tellement commerçante, il n’y a plus que cela qui compte.

Même le journal de 20h ouvre avec le titre qui fait le plus d’audience : il ne s’agit donc plus d’information, mais de marketing.

Par exemple, je trouve que le couple Fourniret est plus intéressant que le couple Sarkozy, les atrocités des premiers nous en apprennent plus sur l’être humain que les tenues d’hôtesse de l’air et les Ray Ban du second.

Là aussi il y a dérive.

Source du Communiqué de presse : Jonathan Bouchet-Petersen


NTIC, Syndicalisme et gendarmerie

18 avril, 2008

Communiqués

Actualités, communiqués, internet, NTIC .

Syndicalisme et gendarmerie .

Gendarmerie nationale Francaise

À l’aube d’une nouvelle fronde des militaires de la gendarmerie, il est intéressant de réfléchir à la construction d’un authentique lieu virtuel de démocratie sociale au sein d’une des plus vieilles institutions militaires françaises.

En effet, depuis mars 2007 et malgré le silence auquel les personnels militaires de la gendarmerie sont statutairement réduits, parce que privés de libertés d’expression et d’association, un forum de discussion baptisé Gendarmes et Citoyens , a su rapidement fédérer sur Internet l’ensemble des revendications sociales de la gendarmerie, ceci en dehors de tout contrôle hiérarchique.

Tous les éléments d’un «associationnisme» structuré s’y sont mis en place et, quand bien même on noterait la volonté déterminée de quelques membres ultra-militants de bâtir un appareil revendicatif solide afin d’encadrer les conflits futurs, la construction de ce «proto syndicat» virtuel se situe bien à la rencontre d’une réelle contestation sociale interne.

Ce syndicat, qui peut apparaître comme virtuel, donc inexistant et sans pouvoir sur la réalité pour certains (notamment au sommet de la hiérarchie), réunit cependant tous les attributs de la réalité : des militants, une direction, une doctrine, un programme, une plate-forme, une arène, des mots d’ordre.

Gendarmes et Citoyens est en passe d’être légitimé par les grands médias télévisuels nationaux comme FR 3, TF1 et France 2.

Comment Internet a-t-il donc pu servir de terreau à cette stratégie emmenée par une petite équipe de gendarmes de moins en moins anonymes, avec à leur tête un authentique leader, le commandant Jean-Hugues Matelly, qui tient l’ensemble par un incontestable savoir-faire et un discours lucide en prise avec la contestation ?

Pour le comprendre, il faut souligner l’expertise des gendarmes en matière de NTIC (nouvelles techniques d’information et de communication), techniques totalement investies par la gendarmerie dans le cadre d’une modernisation sans précédent menée dès les années 80 : elle avait été la première des deux forces publiques de sécurité à installer des fichiers informatisés pour la recherche criminelle.

Peu à peu s’est implantée toute une culture cybernétique partagée par tous, quel que soit leur grade.

L’émergence des NTIC dans l’univers militaire des gendarmes s’est produite aussi alors que pesaient sur les organes de concertation sociale, institués au sortir des deux crises sociales gendarmiques de l’été 1989 et de décembre 2001, des soupçons d’incompétence et d’inefficacité.

La hiérarchie apparaissait de son côté inopérante pour exprimer le mécontentement et le malaise social.

C’est dans ce contexte particulier qu’Internet constituera vite, presque naturellement, par sa forme, sa fonctionnalité et les rapports qu’il établit avec ses utilisateurs, le cadre idéal de l’expression sociale en gendarmerie.

Logiquement adapté à la structure du système constitué d’une multitude d’unités territoriales, isolées, où vivent et travaillent des petits groupes d’hommes, au sein desquelles les familles sont encasernées, en déficit de communication sociale, Internet va créer de nouvelles sociabilités, remplaçant les anciens liens sociaux distendus.

Les caractéristiques d’Internet seront particulièrement adaptées à la spécificité de l’engagement des gendarmes.

Alors qu’ils ne peuvent s’exprimer et former d’associations professionnelles, la réalité de leur engagement étant impossible du fait de leur dispersion géographique et de leur incapacité statutaire, Internet leur permet de s’impliquer par un engagement indirect et un militantisme à distance tout en restant immédiat et concret.

Internet va opérer la magie de supprimer virtuellement tous les intermédiaires.

Tout en restant un moyen virtuel d’expression, Internet donne une existence réelle et quotidienne au militantisme gendarmique : ouvrir son ordinateur, se brancher sur la Toile, s’inscrire sur un site et consulter et intervenir dans une discussion (un tchat) deviennent rapidement les éléments d’un acte quotidien, dès les années 2000, pour les épouses et leurs maris.

Que ce soit virtuellement ou réellement, le gendarme sur Internet contestera le système publiquement : il sait qu’il est lu par d’autres gendarmes, par des civils et par l’ensemble de la hiérarchie.

Peu à peu, le gendarme dans sa brigade va voir se constituer tout un réseau électronique d’interventions qui ressembleront aux siennes.

L’essentiel, pour les gendarmes cyberactivistes, c’est bien de s’inscrire, non pas dans une organisation idéologique, mais dans des projets, ou de reprendre des projets initiés par d’autres et d’exploiter tous les liens et toutes les connexions qui peuvent s’avérer efficaces.

Grâce à Internet et à une organisation virtuelle sans chef, les plannings d’activités, les mots d’ordre et les lettres d’information seront largement diffusés et permettront de renforcer et de maintenir des contacts.

Les échanges virtuels viennent renforcer les sociabilités en vigueur, consolider une identité collective ainsi qu’une conscience sociale assez vive et maintenir une capacité de mobilisation sociale.

Toujours en veille sur le réseau, le gendarme est sans doute désormais prêt, très facilement et très rapidement, à descendre dans la rue à la moindre alerte qui peut passer inaperçue à ceux qui sont en charge de la bonne gestion sociale de la gendarmerie.

Pour conclure, posons-nous la question de savoir si Gendarmes et Citoyens n’a pas déjà acquis suffisamment de légitimité afin de pouvoir remplir le rôle de partenaire social au sein de la gendarmerie.

N’est-il pas grand temps pour l’Etat de le prendre en considération afin d’éviter le pire ?

Source du communiqué de presse : www.liberation.fr


Dossier Education aux médias

16 avril, 2008

Communiqués

Actualités, communiqués, informatique, internet, marketing, social bookmarks .

Dossier Education aux médias .

Dossier Education aux médias

www.media-animation.be

Internet c’est vous Les nouvelles pratiques de l’Internet social Le 4ème numéro de la Collection “Les Dossiers de l’éducation aux médias” vient de paraître.

Internet c’est vous Les nouvelles pratiques des réseaux sociaux en quelques années, les modes de communication ont été bouleversés par des technologies nouvelles.

L’ordinateur domestique et Internet sont devenus incontournables.

Une décennie plus tard, le concept du Web 2.0 et de nouveaux mots apparaissent : blog, Wikipédia, Meetic, Myspace, YouTube etc .

Le second âge de la toile envahit médias et préoccupations.

Aujourd’hui, ce sont les utilisateurs eux-mêmes qui sont devenus les acteurs de premier plan du Web.

Ce sont eux qui font l’actualité, devant et derrière l’écran.

Nous entrons dans l’ère de la collaboration et de l’intelligence collectives.

Dossier de l’Education aux médias:

N° 4 « Internet c’est vous Les nouvelles pratiques de l’Internet social ».

94 pages couleurs.

Prix : 12 € + 2 € de frais de port = 14 € (16 € pour l’Europe).

Communiqué rédigé pour : Média Animation Asbl

Contact :

media-animation.be

Média Animation Asbl

100 Av Mounier

1200 Bruxelles

Belgique

Tél: 00 32(0)2 256 72 33

Mail: info@media-animation.be